Lettre à Mr Santini

Publié le par Parti de Gauche 94 Nord

Par Delphine Fenasse
Conseillère territoriale déléguée au Sédif

Lors du conseil de territoire du 3 mai 2016, j'ai fait une intervention contre l'adhésion du territoire au Sédif dont vous pouvez retrouver l'intégralité ici :
Cette intervention me vaut une lettre personnelle de Mr Santini datée du 31 mai, lettre qu'il a aujourd'hui communiqué à l'ensemble des élu-e-s du territoire et que vous trouverez ici. Voici ma réponse.

 

"Mr Santini, cher collègue,

Le 3 mai 2016, lors de la réunion du Comité du territoire Paris Est Marne & Bois, en tant qu'élue du Parti de Gauche, je me suis exprimée contre la délibération qui visait à faire adhérer ce territoire au Syndicat des Eaux d'Ile-de-France, le Sédif.

Dans mon intervention, que vous appelez péjorativement "logorrhée", je dénonçais plusieurs éléments dont :

- le fait que le Sédif viole allègrement la loi, son règlement indiquant d'une part que le délégataire est en droit de résilier l’abonnement en cas d’impayé. Or, vous n'ignorez pas que les dispositions de la loi Brottes disposent que «Les distributeurs d’eau ne peuvent procéder, dans une résidence principale, à l’interruption, y compris par résiliation de contrat, pour non-paiement des factures, de la fourniture d’eau aux personnes ou familles.»

- le fait que Véolia, délégataire du Sédif, a été plusieurs fois condamnée pour réduction de débit illégal par différents tribunaux dont vous pouvez trouver les différents jugements sur le site de la Coordination Eau Ile-de-France qui se bat depuis des années sortir l'eau du secteur marchand

- le fait que cette même entreprise se retrouve au cœur d’une affaire de corruption de grande ampleur en Roumanie, ayant aboutit par des poursuites contre trois anciens directeurs généraux de la filiale roumaine de Véolia, dont deux Français et à une une plainte déposée par des syndicats en France.

Dans cette même intervention, j'ai pris également publiquement position contre la délégation de la gestion d'un bien commun à une entreprise privée dont la préoccupation principale n'est nullement la bonne gestion de la ressource en eau pour le plus grand nombre mais l'augmentation toujours plus indécente des dividendes pour des actionnaires avides.
J'ai pour ce faire étayé mes arguments par des chiffres précis qui démontrent qu'en termes de prix du m3 ou de fuite des canalisations, les régies sont très largement plus performantes que le privé et qui démontrent également que cette tendance à la remunicipalisation est à la hausse.

Enfin, j'ai regretté l'absence de possibilité de débat.
En effet, alors que la loi NOTRe pose comme date limite au territoire pour décider de son mode de gestion celle du 31 décembre 2017, le bureau du territoire, en mettant cette question à l'ordre du jour en catimini dès mai 2016, soit plus d'un an avant la date limité, a coupé court volontairement à tout débat citoyen sur le sujet.

Cette intervention me vaut une lettre de votre part que vous venez de communiquer à l'ensemble des délgués du territoire. J'en suis ravie.

Je suis effectivement ravie que le débat autour de la gestion publique de l'eau arrive enfin jusqu'à vos oreilles. Il était temps que cette question vous intéresse, vous qui êtes président du Sédif depuis si longtemps !
Peut-être enfin allez vous enfin prendre cette fonction pour autre chose qu'un maroquin de plus, vous permettant de finir d'excellents déjeuners par une distribution de cigares et d'organiser des vœux qui n'ont rien à envier de ceux d'un ambassadeur (privatisation de musées, diner croisière et j'en passe). D'ailleurs, pourrons-nous un jour connaitre le coût de ces prestations courues par le tout Paris ?

Sachez Mr le PrésidentduSédifdéputémaireprésidentduconseildesurveillancedelaSociétéduGrandParisetjenpasseetdesmeilleurs (la liste de vos mandats selon votre fiche wikipédia est tout simplement hallucinante), et pour qui « un certain cumul est plus une force qu'une faiblesse », que votre admonestation ne m'impressionne nullement.

En tant qu'Insoumise, je continuerai à faire ce pour quoi j'ai été élue en mars 2014 à savoir défendre le service public, et celui de l'eau en particulier, et me battre pour que les citoyens prennent toute leur place dans le débat politique.

En tant qu'Insoumise, je ne cesserai pas de vous donner des leçons de gestion et de réclamer encore et toujours un débat sur le mode de gestion de l'eau.
En tant qu'Insoumise, je ne cesserai pas de dénoncer les magouilles de Véolia et de ses actionnaires sangsues.
En tant qu'Insoumise, je ne cesserai pas de lutter contre les élus corrompus par le pouvoir en militant pour une 6ème république permettant, entre autre, de les révoquer.

Sachez, Mr Santini, que je continuerai ce combat au sein de ma commune, du territoire Paris Est Marne & Bois, et au sein du Sédif.
Vous et vos collègues n'avez pas fini d'entendre mes logorrhées, et mes propos insignifiants."

Bien cordialement

Delphine Fenasse,
Conseillère municipale et Territoriale du Parti de Gauche

 

 

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