Le Lycée de la Jarry, OUI, mais....

Publié le par Parti de Gauche 94 Nord

Un nouveau lycée à l'est de Vincennes, sur le site de la Cité Industrielle, rue de La Jarry, est évidemment indispensable. Après plus de 10 ans de procédures, il est enfin possible d'envisager les travaux. Et là, rien ne va plus en matière de démocratie.

Les citoyens ne sont pas informés comme ils en ont pourtant le droit.
La Cité Industrielle, c'est aujourd'hui une communauté humaine, un village vertical où habitent plus de 300 personnes, des artisans d'art, des artistes, des familles avec de jeunes enfants – pour lesquels il n'y a pas de places en crèches ou en maternelle – des célibataires. C'est le lieu de travail de 31 personnes au moins. Tous ont été chassés de Paris par la spéculation immobilière et le précariat. Elles et ils se sont installés progressivement dans ces locaux désertés depuis environ 10 ans.

L'association « J'arri've revient » les rassemble et assure la viabilisation, la salubrité et la sécurité grâce aux cotisations de ses adhérent-e-s.
Ces Vincennois ne sont pas l'agrégat de marginaux qu'insinue la gazette municipale « Vincennes Info ».

La mairie envisageait sereinement leur expulsion au 31 décembre 2015, mais le préfet a heureusement privilégié la recherche d'une solution négociée avec les habitants. Sachant que les travaux ne pourront pas commencer avant deux ans, les résidents demandent à conclure une convention d'occupation précaire, comme cela se fait couramment à Paris dans des situations analogues : le temps pour eux de trouver à se reloger, ce qui est difficile en Île-de-France.

Soutenez-les. Consultez la page facebook de l'association, exigez que l'examen de leur situation fasse l'objet d'un débat au conseil municipal.

La Cité Industrielle, un patrimoine exceptionnel
Construite en 1927 en béton armé pour recevoir artisans et petites industries, elle se développe sur 7 niveaux, avec un rez-de-chaussée parking et 6 étages, desservis par des rampes d'accès automobiles sur le pourtour, 9 escaliers, des ascenseurs et des monte-charges. Téléphone, service de messagerie dédié : rien n'y manquait, dès 1927.

Le coût écologique de la démolition
Le maire de Vincennes ignore tout de l’enjeu écologique lié à la démolition de la Cité Industrielle, ou il n’en a cure.
Avec 7 000 m3 de béton armé, 900 tonnes d’acier, 75 000 m3 de coffrages et 85 000 m2 de pavés de verre, le calcul est facile. 1 m3 de béton, c’est 250 kg d’équivalent C02. Et 1 tonne d’acier, 870 kg. Sans compter le coût énergétique des éventuelles opérations de dépollution du site.

Le Lycée de la Jarry, OUI, mais avec un projet responsable
L'architecte Jean Nouvel, qu'on ne présente plus, en parle ainsi : « La cité de La Jarry est inscrite dans l'histoire de Vincennes. elle est héritière d'un passé industriel. C'est l'un des derniers bâtiments d'une telle échelle encore disponible en région parisienne. De ce fait, il est précieux et mérite une attention particulière. D'un point de vue environnemental, l'impact sera bien plus positif si l'on cherche à conserver le bâtiment actuel en lui offrant une seconde vie. Ce sera un exemple admiré de tous ».

Le projet de Jean Nouvel
Jean Nouvel a réalisé en 2010 une étude qui prévoit une réhabilitation transformation de la Cité Industrielle, avec un lycée, des ateliers d'artistes, des logements, des commerces, un parking et une place publique. Les 8 000 m au sol et les 40 000 m déjà construits des 7 étages de la Cité Industrielle le permettent aisément.
Jean Nouvel a fait ses preuves : réhabilitation de l'opéra de Lyon, construction du musée du quai Branly et de l'Institut du Monde Arabe, etc. Le maire de Vincennes a pourtant balayé la proposition. Aucun Vincennois n'a été informé de cette étude, personne n'a eu à en parler.

Exigez que la question soit débattue au conseil municipal !

Un coût exorbitant pour le contribuable
La Cité Industrielle c’est aussi un enjeu financier : sa démolition aurait un coût exorbitant pour le contribuable. Compter 25 millions d’euros pour la mise à disposition du terrain nu, 45 millions avec les intérêts d’un emprunt sur 30 ans. Et il faudrait, ensuite, que le contribuable finance la construction du Lycée.

Pareils enjeux doivent faire l’objet d’un débat au conseil municipal !

Un solde financier positif avec la réhabilitation
Vincennes aurait tout à gagner avec le projet Jean Nouvel : un coût écologique minimisé, un solde financier positif par la construction de logements – de toute façon nécessaires – un pôle d'animation dans ce quartier excentré, la préservation des 31 emplois d'artisans d'art et d'artistes, aujourd'hui et si peu mis en valeur, malgré une renommée internationale pour certains d’entre eux.

Vincennes, ville d'Art et d'Histoire, y gagnerait même en notoriété, grâce à cette réalisation exceptionnelle, à la fois patrimoniale et contemporaine.

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