8 mai : « L’exemple du grand peuple russe »

Publié le par Parti de Gauche 94 Nord

Vendredi 8 mai et samedi 9 mai, la France et la Russie commémorent les 70 ans de la Victoire sur l'Allemagne nazie et de sa capitulation sans conditions. Le décalage de date tient uniquement au décalage horaire entre Paris/Berlin et Moscou. Les actes de capitulation des nazis signés à Reims et Berlin prévoyaient en effet qu'elle serait effective à 23h01 le 8 mai, heure de Paris, c'est-à-dire 1h01 le 9 mai heure de Moscou.
Mais à la veille de la célébration de la capitulation sans conditions du régime raciste nazi, il faut subir l’ignominie de Robert Ménard triant les enfants des écoles par religion. Et tout ça à Béziers, une terre marquée par l’histoire des luttes pour la liberté !

Les commémorations prévues en France sont désagréablement bien discrètes.
Depuis 1945, ce jour de mémoire a connu bien des aléas. Férié de 1953 à 1959, il a ensuite été supprimé partiellement par De Gaulle puis totalement par Giscard. Avant d'être rétabli par François Mitterrand en 1981. Et il n'est férié qu'en France… et en Russie, le 9 mai donc. Cette célébration est donc un trait d'union qui distingue la France et la Russie dans leur rapport à la mémoire de l'Europe.

La commémoration du 9 mai n'est pas qu'une affaire russe.
Les soviétiques ont libéré 16 pays occupés par les nazis, près de la moitié du territoire actuel de l'Europe à 27. Au prix de terribles et meurtriers combats. On commémore ce jour là la capitulation d'un régime responsable de 65 millions de morts. Une telle victoire face à un régime d'extermination de masse hors de ses frontières a donc une valeur universelle. Et on se doit d'honorer la mémoire de ceux qui ont payé le prix le plus lourd pour notre liberté en Europe et en France. 27 millions de soviétiques furent tués dont 16 millions de civils. Si l'on compare les seules pertes militaires des vainqueurs, pour un soldat américain tué, on compte 60 soldats soviétiques tués.

Pourtant, François Hollande a refusé l'invitation de la Russie à se rendre à Moscou le 9 mai.
Hollande a été invité comme les chefs d'État de 68 autres pays. Une trentaine de chefs d'État y assisteront, dont ceux de la Chine et l'Inde, signe de la solidité de l'entente forgée par le groupe des BRICS. Dans l'UE, seule la Grèce et la République tchèque enverront leur chef d'État.
L'absence de Hollande est un affront diplomatique autant qu'historique. C’est une honte. Victor Hugo s’adressant aux Mexicains qui lui avaient écrit pour protester contre l’invasion de leur pays par les troupes française de napoléon III leur répondit : ce n’est pas la France qui vous fait la guerre, c’est l’Empire.
Sait-il que lors de la précédente grande commémoration, pour le 50eme anniversaire, le 9 mai 1995, François Mitterrand avait fait le déplacement à Moscou ? Ce fut même son dernier et très symbolique déplacement comme président de la République. Ce jour là il déclara en notre nom : «Je suis venu ce soir au nom de la République française pour saluer le peuple russe, le grand peuple russe, celui d'une grande histoire, un peuple créateur, un peuple patriote. Je suis venu saluer le soldat russe, mais aussi le soldat appartenant à d'autres nationalités qui combattait à ses côtés. Quel exemple de force et de courage ! Il s'agit d'une vieille tradition russe : quand tout paraît perdu dans ce pays, tout peut être encore sauvé».

Et Mitterrand d'ajouter cette leçon que Hollande ferait bien de méditer aujourd'hui : «l'exemple du grand peuple russe, l'héroïsme de ses soldats, le respect dû à ses morts, à tous nos morts, doit avoir un sens ou bien le monde est fou.»

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